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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 15:29

Samedi 24 octobre

 

Un ami chef cuisinier me confia un jour que pour lui un plat réussi était celui qui rappelait les saveurs de l’enfance. Je ne pus que sourire alors quand, accoudée au bar après la représentation, je surpris une conversation entre deux amies. L’une racontait à l’autre que cette mise en scène de la pièce lui avait fait éprouver «une jolie peur» semblable à celle ressentie, quand, enfant, son père lui racontait des histoires de fantômes. 

Par christelle magarotto
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 11:08

Vendredi 23 octobre

 

La meilleure des critiques réside encore dans la réaction d’un public. Celle qui m’intéressa ce soir-là ne fut pas celle qui suivit directement la représentation, mais celle qui se déclina tout au long de cette dernière. 

 

D’un bout à l’autre, un silence attentif. Les spectateurs, une quarantaine de personnes âgées de dix à soixante-dix ans, étaient comme happés par le récit. Le ton du comédien, bas dès le départ, diminua tout au long de la pièce sans nuire pour autant à l’écoute. Au contraire, au fur et à mesure que la voix se faisait plus profonde, les bustes se penchaient vers l’avant pour ne rien manquer du monologue. Fred les tenait si bien que le public venait à lui, plutôt que de devoir aller le chercher.  

 

Un silence attentif donc, concentré même, ponctué cependant de rires qui tombaient aux moments adéquats; intelligence de la mise en scène une fois de plus révélée. Je sentais Marine à côté de moi se détendre peu à peu: l’objectif était atteint. Sa création avait trouvé l’équilibre recherché, entre «angoisse» et «légèreté», tout en gardant de sa profondeur dramatique, peut-être même ainsi, la creusant un peu plus encore. 


Par christelle magarotto
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 13:03

Mardi et mercredi 14 et 15 octobre

 

«Les absents ont toujours tort!» Une fois de plus, la preuve en était faite! Je n’avais pu assister à ces deux journées de répétition! Elles n’auraient sans doute pas manqué d’intérêt, car Fred et Marine prenaient alors leurs marques dans ce nouvel espace de jeu que représentait le Carnotzet des Artistes. 

De plus, le mercredi, ils recevaient la visite enthousiaste de la journaliste Christine Savioz, venue en reportage pour le Nouvelliste qui, au vue de l’article publié la semaine suivante, avait sans aucun doute beaucoup apprécié leur travail. 

 

 

Lundi 19 octobre

 

Le cadre était d’un charme fou: une cave voûtée en pierres de taille dans le sous-sol d’un bâtiment locatif de la vieille ville de Sion. 

 

Le décor était déjà mis en place, réduit à son minimum: en fond de scène, côté cour, une table et deux chaises; côté jardin, un guéridon et un fauteuil turquoise. Sur le devant de la scène de part et d’autre, des tonneaux, contrainte de l’endroit qui ajoutait une dimension bucolique à l’espace plutôt que de le desservir. Comme l’évoquait Marine avec humour, nous étions face à la cristallisation de la démence d’un homme, qui, ayant sombré définitivement dans les affres de la folie, s’était reclus dans sa cave en constituant son petit coin, histoire d’y laisser cuver ses délires. 

 

Samuel Carroz était également présent afin d’établir une ligne de conduite de l’éclairage, la salle ne permettant de reproduire celle proposée une semaine plutôt au théâtre du Martolet par Baptiste Coutaz. 

 

 

Mardi 20 octobre

 

Pour le jeu, cet endroit se révélait être un véritable atout. La promiscuité avec le public offrirait à ce dernier, l’opportunité de suivre chaque expression du comédien sans rien en perdre. A cela s’ajoutaient des conditions acoustiques enrichissantes. En effet, Fred pouvait maintenant décliner selon les besoins du propos son ton d’une voix forte au chuchotement et ainsi explorer une plus grande palette d’émotions. 

 

Mercredi 21 octobre

 

C’est véritablement ce jour-là que la mise en scène a pris une toute autre tournure gagnant en intensité. Soudain, la complaisance du personnage dans sa dérive s’inscrivait plus profondément encore dans le jeu de Fred. Grâce au recours à un quasi-murmure sur certains passages, apparaissait désormais de façon parfaitement palpable la souffrance de l’homme dépassé par une situation qu’il ne comprend pas malgré tous ses efforts de rationalisation et contre laquelle il lui semble ne plus pouvoir lutter. 

 

Jeudi 22 octobre

 

La veille déjà, Samuel était venu monter ses lumières, ce qui avait d’ailleurs donné lieu à des scènes assez burlesques. Ayant rencontré des difficultés techniques, il tenta à plusieurs reprises de nous en faire part, mais cela demeurait pour nous aussi obscur que son système d’ éclairage défaillant! Une chose est certaine, il trouva d’ingénieuses solutions qui lui permirent de faire fonctionner le tout… jusqu’à 23 heures le  jeudi où une surcharge d’électricité fit sauter les plombs, ce qui mit terme aux répétitions. 

 

 

 

 

 

Par christelle magarotto
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 22:19

Dimanche 11 octobre

 

Lundi 12 octobre

 

9 heure. Petit café dans les loges, puis un premier filage durant lequel Baptiste opéra les derniers calages des lumières. La veille déjà, il avait commencé son travail. Son efficacité est d’ailleurs à saluer, tout comme la qualité de ses propositions. Ses idées mêlées à celles de Marine aboutirent à un résultat des plus intéressants! 

 

Les choix d’éclairage apportèrent une nouvelle dynamique à la mise en  scène. Ils contribuèrent à créer l’ambiance de chaque tableau, ainsi qu’à délimiter les espaces sur  la scène.  

 

Après ce premier filage, Marine et Baptiste discutèrent longuement des derniers détails à régler. C’est une chose qui nous échappe assurément en tant que spectateur, tout particulièrement quand nous sommes face à un travail de niveau professionnel, mais rien n’est laissé au hasard, tout au contraire, est millimétré, chronométré et pensé, afin que chaque détail du texte, du jeu et de la lumière s’emboîte pour servir le propos. 

 

Deuxième filage. Fred prenait peu à peu ses marques. Son jeu devait tenir compte maintenant de la taille de la scène (qui était au moins trois fois plus grande que celle du centre RLC), ainsi que de la distance du public dont le premier rang se situait à environ 4 mètres et le dernier à plus de 25 mètres. Le comédien devait également s’habituer aux changements d’éclairage et arriver à en faire abstraction. Le matin, il avait eu tendance à courir après les lumières, alors que c’était à elles de le suivre. 

 

Mardi 13 octobre

 

Il y avait peut-être quelque chose de surprenant à voir se produire sur une scène aussi grande, devant plus de 300 élèves, une pièce aussi intimiste que celle-ci! On pourrait se demander si le choix était réellement judicieux,  s’ il ne vaudrait pas mieux s’en tenir à des espaces plus confinés pour de tels sujets, c’ est une chose discutable en effet.

 

Cependant, cette configuration ne s’était pas révélée sans un atout majeur. L’espace scénique, que l’on pourrait qualifier de presque démesuré, permettait de créer un lieu lacunaire qui donnait l’impression de flotter entre un ici, un ailleurs, un nulle part. Les éléments du décor comme les fauteuils, le bureau, ou encore le costume, suggéraient certes un environnement bourgeois du 19 ième siècle, mais avec une telle respiration qu’il en devenait intemporel. Cette disposition associée aux choix d’ éclairage créait ainsi une atmosphère onirique en parfait accord avec la dimension fantastique du texte. 

 

Question réception, un public scolaire représente un public particulièrement exigeant. Durant le repas de midi, nous en avions longuement parlé avec Mme Erard, professeur de latin et programmatrice de ces deux représentations. Les élèves ne vont pas là par choix, on le leur impose afin de leur permettre de gagner en ouverture. Cependant, ils ne l’entendent pas tous ainsi. Certains d’entre eux envisagent ces instants plus comme un moment de divertissement qui les éloigne de leur quotidien scolaire que comme une véritable démarche intellectuelle. 

 

Le matin, l’écoute fut cependant généralement bonne. Une chose nous avait toutefois surpris. Marine avait fait le choix de séparer les premières journées par des ‘‘noirs’’ (absence de lumière). Quel étonnement se fut, au premier d’entre eux, d’entendre soudain les applaudissements des élèves! Provocation, ignorance, ou effet de masse, le phénomène reste difficile à expliquer, mais comme Marine le soulignait, il fallait bien leur laisser vivre l’instant comme ils le ressentaient. 

 

L’après-midi, rebelote, sauf qu’il y eut cette fois de vrais débordements. Quelques provocateurs se mirent à applaudir entre les scènes, alors qu’il n’y avait pas de noir. Sous l’effet de masse (cette fois-ci la question ne se pose pas!), ne voilà-t-il pas que les autres les suivirent! Les professeurs à grands coups de «chut» finirent par les contenir quelque peu, mais cela nuisit tout de même à la représentation.  

 

Fred ne se laissa cependant pas démonter. Il fallait tenir, alors il utilisa par moment cette énergie pour s’ancrer mieux encore dans son personnage. Et s’ il ne parvint pas à capter l’attention de ceux qui n’en accordaient aucune, il captiva tout de même les autres malgré les perturbations. Il y eut ainsi de véritables moments d’écoute dans toute la salle. 

 

Le bilan de cette journée est donc positif. Défi réussi! Et bravo l’artiste, dans de telles  conditions, d’autres auraient peut-être flanché! 

Par christelle magarotto
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 01:34

 

Depuis une dizaine de jours, je suis le travail de création du Horla par le Théâtre du Brandon, et plus particulièrement celui de la metteuse en scène Marine Billon et du comédien Frédéric Perrier. Afin d’accorder forme et fond, je vous propose de suivre nos aventures au travers de mon journal de bord… 


Vendredi 2 octobre

 

Comme j’étais arrivée en avance, je m’assis devant le centre RLC de Sion à une table de jardin, entourée de parfaits inconnus. Quelle drôle d’idée! A ma décharge, ils occupaient tout l’espace, mais tout de même! Au regard de ma voisine de droite, je sentais bien qu’elle se demandais pourquoi je m’étais installée là, avec eux! Qu’elle se rassure, je me posais la même question! 

Oh comme j’avais envie de me lever et de partir… en courant même! J’aurais pu aller me cacher dans la voiture ou dans les toilettes pourquoi pas, ça n’aurait pas été plus embarrassant! Mais maintenant que j’étais là… il me semblait difficile de quitter l’assemblée sans créer un malaise plus grand encore! Je décidais alors, sans grand courage, d’assumer ma position en souriant naïvement à toutes leurs marques de complicité et en offrant une cigarette à la jeune femme qui n’en avait plus… 


Grand moment de solitude donc! Puis ils partirent enfin! Marine et Frédéric n’étaient toujours pas là. J’en étais presque soulagée. Je disposais ainsi de quelques minutes encore pour tenter de retrouver une contenance!

Alors que je méditais sur la profondeur de l’expression «arriver comme un cheveu sur la soupe», progressivement, je vis apparaître, des escaliers en contre-bas, les silhouettes des mes deux compères. Je respirais à nouveau; d’une part, parce que j’avais la certitude soudaine de ne pas m’être trompée d’endroit, je commençais à en douter, d’une autre parce que j’avais enfin une raison palpable de m’y trouver!

Tout, ensuite, se déroula très vite. Nous sommes entrés dans la salle de spectacle, chacun a déposé ses affaires sur une table de ping-pong, puis Fred c’est mis en position pour un filage. Filage. Commentaires de Marine à son comédien. Reprise de certains passages. Fin de répétition. Départ. 

*

La création du Horla a vu le jour en octobre 2008 aux «Caves à Charles», puis elle a été reprise en juin 2009 à Riddes durant le Festival «Portes ouvertes» organisé par le collectif de la «Gare aux artistes». C’est à cette occasion que je rencontrais pour la première fois Marine. Je devais y réaliser un reportage pour le Nouvelliste, c’est elle qui m’accueillit. 

J’avais beaucoup apprécié leur pièce. Comme l’ensemble du public, grâce au charisme de Frédéric et à l’intelligence des choix de mise en scène, l’histoire de cet homme tourmenté m’avait  happée. 


Ce vendredi-là, j’étais ainsi très enthousiaste à l’idée de pouvoir redécouvrir la pièce dans son évolution. J’avais en plus le privilège d’être la toute première spectatrice de cette nouvelle reprise. Un vrai bonheur ou un vrai honneur? Je ne trancherais pas.

Avec cette nouvelle adaptation, la pièce gagnait en légèreté. Sur le coup, je n’aurais pu dire si cela tenait aux conditions de répétition, à l’ absence des décors et du costume, mais j’en ressortis, malgré la profondeur du texte, avec la sensation d’avoir assisté à quelque chose d’agréable, alors qu’à Riddes, la représentation m’avait tout de même un peu plombée. En discutant par la suite avec la metteuse en scène et le comédien, j’appris que derrière cette impression se cachait une réelle volonté. Au fil des répétitions, je découvris surtout quel travail de précision cela représentait. 

 

 

 

Mardi 6 octobre

 

L’éclairagiste Samuel Carroz nous rejoignit afin d’opérer un premier repérage lumières pour son collègue Bâptiste Coutaz qui prendra finalement à sa charge les deux représentations scolaires au théâtre du Martolet. 

 

Italienne (cf. plus bas). Filage. Commentaires de Marine. Discussion de la metteuse en scène et de l’éclairagiste. Départ. 

 

 

Mercredi 7 octobre

 

La vie sans imprévu, serait-elle aussi intéressante? Fred et Marine comptaient débuter la répétition à 20 heures, mais d’autres gens se trouvaient dans la salle. Après quelques minutes d’attente, nous découvrions qu’aux mêmes horaires une autre compagnie devait utiliser la salle. Après discussion des deux metteurs en scène, Marine et Fred décidèrent de démarrer par une italienne dans la cafétéria du centre.

La veille, j’avais déjà été fortement impressionnée par cette exercice de mémoire qui consiste à déclamer le texte d’une traite sans y mettre d’intonation juste pour le souci du par coeur, mais c’est dans ces conditions que Frédéric m’a véritablement bluffée! 

La porte de la cafétéria était ouverte. Dehors, quelques jeunes discutaient à forte voix. Fred, redoublant d’effort, poursuivait sa psalmodie sans plus d’hésitation. Une voiture arriva. Il continua. Puis l’autre troupe ayant terminé leurs essais de lumière l’interrompit pour nous saluer… J’ai vraiment cru alors qu’il perdrait le fil! Et bien non! Pendant cette minute, il garda les yeux fermés et dès que les autres furent dehors, il reprit en bafouillant à peine sur quelques mots. C’est pourquoi, quand de la musique hip-hop jaillit soudain très fort d’une des salles au-dessus, je ne fus même plus surprise de l’entendre poursuivre avec aisance. 

On me dira que c’est normal puisqu’il travaillait ce texte depuis plus d’un an, mais c’est une chose à voir! Mis en scène, le texte s’étend sur plus d’ une heure et quart. Dans cet exercice, son temps de proclamation est réduit à vingt minutes. Même pour le lire, il me semble avoir pris plus de temps! 

La répétition reprit ensuite son cours normal dans la salle. 

 

Jeudi 8 octobre

 

Baptiste Coutaz nous rejoignit. Au sortir de la répétition, il semblait avoir déjà quelques idées intéressantes pour le traitement de la lumière. Marine lui expliqua son envie de créer une ambiance impressionniste. 

*

Le soir, je rejoignis mon amie journaliste Sonia Bellemarre, afin qu’elle m’oriente quelque peu dans mon projet de reportage. Après concertation, il en est ressorti l’idée de créer un blog qui raconterait le déroulement des répétitions jusqu’aux représentations du Martolet dans un premier temps, puis jusqu’à celles du «Carnotzet des artistes». 

Le concept me parut intéressant, car au-delà des possibilités infinies de traitement de l’information, je pourrais ainsi peut-être contribuer un peu à la promotion de la pièce. J’en fis part dès le lendemain à Marine et à Fred qui trouvèrent la formule intéressante. Dès le soir, je commençais la mise en route du projet avec au ventre, tout de même une petite anxiété. J’étais face à des professionnels, il fallait que je sois à la hauteur… Et la barre, je la plaçais soudain encore plus haut, toute seule, comme une grande, alors que personne ne m’avait rien demandé.

J’espère trouver un jour les mots pour remercier ces deux-là pour cette opportunité d’exception, mais aussi pour leur confiance. Et le reste bien sûr... 


Vendredi 9 octobre

 

Changement de salle. Les combles. Durant l’italienne, Fred manquait quelque peu de concentration. Coup de bluff cependant durant le filage. Soudain, il ne jouait plus, mais il se situait dans l’instant en habitant chaque mot, chaque silence. L’interprétation prenait ainsi d’un bout à l’autre une dimension nouvelle, celle précisément pour laquelle ils oeuvraient depuis trois semaines maintenant. 

                

Une véritable distanciation était établie avec le texte. Fred ne jouait plus ainsi un personnage angoissé, mais celui d’un homme découvrant ce texte avec nous et peu à peu se laissant prendre au jeu. Nous ne pouvions alors que faire de même! 

*

Après la répétition, Marine m’ invitait à boire un verre. Nous parlâmes du travail de la pièce, mais aussi de sa profession de façon plus générale! Dans son discours comme dans les commentaires qu’elle pouvait émettre après chaque filage, je pouvais entrevoir toute la passion qu’elle portait à son métier. Elle se traduisait à travers un réel souci de précision.

 

Samedi 10 octobre


Fred nous offrit un filage véritablement magique, plus encore que la veille! Cette représentation aurait certainement permit à Maupassant de revoir ses positions sur le traitement des récits au théâtre qu’il jugeait inadéquat, car trop réducteur (à lire dans le Dossier de presse du Horla ). 

Grâce à un jeu délicat, parfaitement ancré dans l’instantanéité du texte, le récit se déployait devant nos yeux sans entrave aucune. L’imaginaire du spectateur pouvait y trouver sa place comme à la lecture de la nouvelle. 

Il nous fit rire à plusieurs reprises même et particulièrement au moment du 14 juillet où il jouait sur le fil le mec éméché qui proclame de grandes phrases. Après ce cours passage, Marine, les yeux pétillants se retourna d’ailleurs vers moi pour me lancer avec un enthousiasme sans borne un «Il assure grave!» Je ne pouvais qu’acquiescer, subjuguée moi aussi par tant de talent! La dernière fois qu’un acteur m’avait emmenée si loin dans l’illusion du théâtre, c’était il y a deux ans, un comédien allemand incarnant le personnage d’Hamlet sur les planches de la Cours d’Honneur du Festival d’Avignon. 

*

Après la répétition, nous rejoignons Olivier Thuriot dans son magasin d’antiquité, afin qu’il compose, sous le regard critique de Marine, l’assortiment de meubles qui constituerait bientôt le décor. Il était particulièrement fier de sa trouvaille pour l’espace symbolisant Paris: un guéridon, une table de bistrot ronde et deux chaises de bois sculptées.  

Par christelle magarotto
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