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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 22:19

Dimanche 11 octobre

 

Lundi 12 octobre

 

9 heure. Petit café dans les loges, puis un premier filage durant lequel Baptiste opéra les derniers calages des lumières. La veille déjà, il avait commencé son travail. Son efficacité est d’ailleurs à saluer, tout comme la qualité de ses propositions. Ses idées mêlées à celles de Marine aboutirent à un résultat des plus intéressants! 

 

Les choix d’éclairage apportèrent une nouvelle dynamique à la mise en  scène. Ils contribuèrent à créer l’ambiance de chaque tableau, ainsi qu’à délimiter les espaces sur  la scène.  

 

Après ce premier filage, Marine et Baptiste discutèrent longuement des derniers détails à régler. C’est une chose qui nous échappe assurément en tant que spectateur, tout particulièrement quand nous sommes face à un travail de niveau professionnel, mais rien n’est laissé au hasard, tout au contraire, est millimétré, chronométré et pensé, afin que chaque détail du texte, du jeu et de la lumière s’emboîte pour servir le propos. 

 

Deuxième filage. Fred prenait peu à peu ses marques. Son jeu devait tenir compte maintenant de la taille de la scène (qui était au moins trois fois plus grande que celle du centre RLC), ainsi que de la distance du public dont le premier rang se situait à environ 4 mètres et le dernier à plus de 25 mètres. Le comédien devait également s’habituer aux changements d’éclairage et arriver à en faire abstraction. Le matin, il avait eu tendance à courir après les lumières, alors que c’était à elles de le suivre. 

 

Mardi 13 octobre

 

Il y avait peut-être quelque chose de surprenant à voir se produire sur une scène aussi grande, devant plus de 300 élèves, une pièce aussi intimiste que celle-ci! On pourrait se demander si le choix était réellement judicieux,  s’ il ne vaudrait pas mieux s’en tenir à des espaces plus confinés pour de tels sujets, c’ est une chose discutable en effet.

 

Cependant, cette configuration ne s’était pas révélée sans un atout majeur. L’espace scénique, que l’on pourrait qualifier de presque démesuré, permettait de créer un lieu lacunaire qui donnait l’impression de flotter entre un ici, un ailleurs, un nulle part. Les éléments du décor comme les fauteuils, le bureau, ou encore le costume, suggéraient certes un environnement bourgeois du 19 ième siècle, mais avec une telle respiration qu’il en devenait intemporel. Cette disposition associée aux choix d’ éclairage créait ainsi une atmosphère onirique en parfait accord avec la dimension fantastique du texte. 

 

Question réception, un public scolaire représente un public particulièrement exigeant. Durant le repas de midi, nous en avions longuement parlé avec Mme Erard, professeur de latin et programmatrice de ces deux représentations. Les élèves ne vont pas là par choix, on le leur impose afin de leur permettre de gagner en ouverture. Cependant, ils ne l’entendent pas tous ainsi. Certains d’entre eux envisagent ces instants plus comme un moment de divertissement qui les éloigne de leur quotidien scolaire que comme une véritable démarche intellectuelle. 

 

Le matin, l’écoute fut cependant généralement bonne. Une chose nous avait toutefois surpris. Marine avait fait le choix de séparer les premières journées par des ‘‘noirs’’ (absence de lumière). Quel étonnement se fut, au premier d’entre eux, d’entendre soudain les applaudissements des élèves! Provocation, ignorance, ou effet de masse, le phénomène reste difficile à expliquer, mais comme Marine le soulignait, il fallait bien leur laisser vivre l’instant comme ils le ressentaient. 

 

L’après-midi, rebelote, sauf qu’il y eut cette fois de vrais débordements. Quelques provocateurs se mirent à applaudir entre les scènes, alors qu’il n’y avait pas de noir. Sous l’effet de masse (cette fois-ci la question ne se pose pas!), ne voilà-t-il pas que les autres les suivirent! Les professeurs à grands coups de «chut» finirent par les contenir quelque peu, mais cela nuisit tout de même à la représentation.  

 

Fred ne se laissa cependant pas démonter. Il fallait tenir, alors il utilisa par moment cette énergie pour s’ancrer mieux encore dans son personnage. Et s’ il ne parvint pas à capter l’attention de ceux qui n’en accordaient aucune, il captiva tout de même les autres malgré les perturbations. Il y eut ainsi de véritables moments d’écoute dans toute la salle. 

 

Le bilan de cette journée est donc positif. Défi réussi! Et bravo l’artiste, dans de telles  conditions, d’autres auraient peut-être flanché! 

Par christelle magarotto
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